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Racisme aux USA 3 - "Apprendre à obéir !"

Racisme aux USA 3 - "Apprendre à obéir !"

Cette vidéo (une de plus) d'un policier brutalisant une jeune fille en pleine classe choque heureusement encore aux USA. Voilà ce qui arrive quand on refuse de sortir de sa classe. C'est le message. Nous, ce qui nous choque plus encore que la violence idiote de l'acte, c'est l'apathie de tous les élèves, causée par la peur inspirée par tout un système qui punit impitoyablement toute remise en cause de l'ordre. 

Les faits : encore une histoire lamentable, ridicule à la base, celle d'une écolière qui refuse d'obéir à l'ordre de son professeur de ranger son téléphone, et finit battue en pleine classe par un policier, puis menottée et embarquée au poste pour "résistance aux forces de l'ordre et refus d'obtempérer".  Le policier en question, M. Ben Fields, est ce qu'on appelle aux USA un "School Resource Officer", quelque chose comme un policier attaché à l'école. Certains en rêvent en France. Il ne fait pas de doute pour tous ceux qui ont vu cette vidéo (filmée par un(e) élève) qu'il a fait un usage totalement disproportionné de la force, et, en passant, étalage de la sienne, puisque c'est un habitué, apprend-on, des salles de gym, dingue de musculation, et, on dirait bien, des matches de catch. On apprend aussi qu'il y a déjà eu deux plaintes contre lui par le passé, dont aucune n'avait abouti. Un certificat de l'école le présentait comme un parfait "School Resource Officer", et même un "role model" pour les étudiants. Quelqu'un qui donne l'exemple dans la vie. Quelqu'un à qui on doit aspirer à ressembler. 

Ce qui nous terrorise le plus, nous, écrivant ceci, devant cette histoire qui, au moins, pour une fois, n'a pas tourné au meurtre, c'est la terrible passivité de cette classe pendant les faits, dont on sent bien qu'elle prend sa source dans la terreur quotidienne, entrée dans toutes les têtes américaines à force de terreur répétée : à la loi tu obéiras, point final. Force toujours reste à la loi. Avec des punitions pour l'exemple (la justice pour l'exemple est toujours une mauvaise justice) absolument abominables. Totalement disproportionnées tant la question du châtiment tourmente les américains. Exemple : le soldat Bradley Manning, condamné à trente cinq ans de prison pour avoir passé des documents à Wikileaks. Exemples : les innombrables bavures policières lors d'arrestations. Exemple : la peur qu'on a tous (oui, tous, les Français en tout cas) de la police dès qu'on met le pied aux États-Unis. Traverser hors des clous peut là-bas vous emmener très loin. A l'appréciation du policier. Le passage de menottes est de norme. Pour rien, ou ce qui nous semblerait rien en France. 

D'où ce sentiment qu'on a, devant cette classe d'élèves au pays de la liberté, feignant de ne rien voir, n'élevant surtout pas la voix, regardant devant elle, dans la direction d'un professeur qui tente de poursuivre son cours, comme si c'était possible, d'avoir devant soi un troupeau d'esclaves craignant le fouet, apeuré, abêti. Il est désolant qu'on en arrive là. Que la moindre résistance à un ordre (rappelons qu'elle refusait simplement de sortir de la classe, rien d'autre, rien de plus) appelle dans ce système de fonctionnement à une répression en chaîne (le professeur a appelé un surveillant, qui lui-même a appelé le policier), et déclenche la rage de celui qui, en bout de chaîne, n'est pas immédiatement obéi, et joue son travail, sa place dans la société, l'idée qu'il se fait de lui-même (force, masculinité, autorité incarnée...).

Et cela ne va pas du tout. C'est une image atroce de la société. Qui en rappelle une autre : l'arrestation surprise en Corée du nord, en pleine réunion du Parti, de l'oncle de Kim Jong Un, devant des gens qui feignent de regarder droit devant eux, de lire leurs notes, ne disent pas un mot, n'ont pas un geste de surprise. Des gens commandés par la peur.

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