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Matthew Halsall - Into Forever

Matthew Halsall - Into Forever

En cinq albums, le trompettiste/compositeur/arrangeur/leader originaire de Manchester, Matthew Halsall, s'est taillé une réputation à la mesure de son talent sur la scène musicale anglaise avec sa musique langoureuse et mélancolique. "Into Forever", son nouvel album, met l'accent sur Matthew Halsall le compositeur, où ce dernier mélange plusieurs influences, d'Alice Coltrane, Dorothy Ashby, Phil Cohran et Leon Thomas à des sons plus contemporains comme The Cinematic Orchestra, Max Richter et Nils Frahm, pour délivrer son disque le plus complet. Et s'il sait s'y faire discret comme instrumentiste, - il n'y joue de la trompette que sur deux morceaux -  "Into Forever" est son album le plus personnel et le plus abouti.

J’adore être musicien, j’adore jouer, mais pour moi chaque note doit servir la musique que j’avais en tête pour composer la musique qui se retrouve sur cet album : j’ai trouvé que ceux qui pouvaient le mieux exprimer mes intentions étaient mes amis de The Gondwana Orchestra, en plus des deux superbes chanteuses avec lesquels j’ai eu la chance de travailler. Je le considère comme mon album le plus personneI à ce jour : il y a moins de soli dans mes compositions, ce qui permet de davantage entendre ma voix à travers les instruments. C’est aussi la première fois que je collabore avec des chanteuses, une chose que j’ai toujours voulu faire.
— Matthew Halsall

Comme cela, à froid, cela ne dit pas grand chose. Mais en sachant que Halsall a déjà emprunté tous les chemins caribéens pour faire mousser son jazz comme pas deux, en s'approchant de Pharoah Sanders et d'Alice Coltrane, mais en les faisant pulser 2015, il retrouve la verve de l'Art Ensemble of Chicago de Yo­Yo (d'excellente mémoire). Il repart aussi, côté techno, des expériences de Carl Craig ou d'As One (Kirk Di Giorgio) des années 2000, qui avaient traqué dans le jazz de la fin des années 60/70 tout ce qui avait rapport au funk et à l'électronique, à la suite de Miles Davis et des ses épigones (le Billy Harper de The Awakening) ou de Herbie Hancock et tant d'autres, voire Don Cherry, pour les amener à des modes orientaux qui, ici , sont transposés dans des écritures virtuoses pour cuivres et cordes et la voix des chanteuses.

Mais rassurez-­vous, le côté techno du projet se sent plus d'affinités avec St ­Germain ou le Cinematic Orchestra qu'avec Underground Resistance, ou plus en rapport avec les artistes électro de chez ECM ou l'inévitable Max Richter. Et c'est ainsi que cet appel vibrant à l'infini ( cf. titre) s'appuie sur la filiation (Only a Woman), les ambiances de Leon Thomas et Yusef Lateef (As I Walk), le funk façon Yo­Yo (Badder Weather), tandis que These Goodbyes est dédié à une amie défunte, la poétesse Linda Chase, que Land of vous ouvre l'Orient, et que le morceau-­titre définit le projet assez complètement, tandis que Longsham Temple vient d'une rencontre avec l'orchestre de Paul Mauriat ( Lustucru ?) et de l'attrait de Halsall pour la musique au mètre.

Contemplatif, serein, contemporain, apaisant, remarquable d'écriture de bout en bout, un album pour se retirer en soi quand l'extérieur attaque trop. Méditatif, à la limite. Carrément somptueux, même.

Jean­-Pierre Simard

Matthew Halsall & the Gondwana Orchestra / Into Forever ( Gandwana Records/La Baleine)

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