Grève de la faim contre la décision du gouvernement japonais de forcer les évacués à retourner vivre à Fukushima

Grève de la faim contre la décision du gouvernement japonais de forcer les évacués à retourner vivre à Fukushima

Et à Fukushima, tu n'as plus rien vu. C'est loin, et on n'en parle plus. Avec les Jeux Olympiques à l’horizon, et afin de montrer au  monde que le Japon a totalement récupéré du désastre, le premier ministre Shinzo Abe et les gouvernements locaux ont clairement indiqué aux dizaines de milliers d’évacués qu’il était temps de rentrer dans leur région d’origine. Cependant, beaucoup d’entre eux n’acceptent pas la propagande déployée par les gouvernements locaux et sont réticents à rentrer,  et ce à juste titre. 

Survolée et filmée par un drone de la société Hexamédia, Fukushima en 2014. Beauté et désastre mélangés.

Afin d’accélérer le processus de retour, le gouvernement a adopté des mesures drastiques, à savoir arrêter l’aide au logement et les autres compensations à la grande majorité des évacués d’ici  la fin  mars 2018, les obligeant ainsi à retourner dans leur lieu d’origine. 

Bien que très mal informés par les médias japonais, les citoyens de Fukushima se sont organisés en groupes et associations à but non lucratif,  déterminés à lutter contre des réformes exerçant des pressions sur les évacués. Un des leaders les plus dévoués est Ken Sakamoto, que j’ai eu le privilège de rencontrer via les réseaux sociaux. Il m’a été présenté par une de mes chères amies d’Evacuate Fukushima福島の子供を守れ,Yukiko Young. M. Sakamoto est un être incroyable et se bat avec tout son cœur et son ’esprit afin de protéger la vie des enfants et des résidents de Fukushima.

坂本健 Ken Sakamoto and Tatsuyo Young       – Courtesy of 坂本健

坂本健 Ken Sakamoto and Tatsuyo Young       – Courtesy of 坂本健

M. Sakamoto a accepté d’être interviewé par nous et nous lui avons promis de diffuser l’entretien autant que possible, et de le partager ; espérons-le, beaucoup plus largement  que ce que les media ont fait jusqu’à présent, contre leur gré. Nous sommes tous une plateforme pour transmettre au monde les voix oubliées de Fukushima.

Veuillez lui apporter votre soutien et aussi aux milliers de victimes en lisant cet entretien et en le partageant largement.

A la fin de l’article, vous trouverez les liens où vous pouvez faire un don qui sera de l’aide directe aux victimes. Beaucoup de gens m’ont demandé comment ils pouvaient aider. Voici la solution !

Nelson : M. Sakamoto, merci beaucoup d’avoir pris le temps et la peine de nous parler. Vous avez effectué une grève de la faim de 13 jours afin de protester contre la décision gouvernementale d’arrêter l’aide au logement des évacués de l’accident nucléaire de Fukushima, ce qui par conséquent forcera les déplacés à retourner dans les régions contaminées avec leurs enfants. Toutefois, notre première question porte sur votre santé.  Quel est votre état de santé ?

Sakamoto : Tout d’abord, je vous prie de bien vouloir m’excuser pour le retard que j’ai mis avant de vous répondre. Merci, oui, je me porte fort bien. Je vous remercie sincèrement de  votre attention. Cette grève de la faim est une action qui n’aurait pas pu se réaliser sans l’appui moral, la coopération et l’aide des amis. Je réponds à vos questions en ayant  conscience que c’est à eux et à celles qui m’ont soutenu tout en restant invisibles, que les compliments devraient être adressés.

Habituellement, le gréviste de la faim reste au même endroit  et proteste jour et nuit. Toutefois, cette fois-ci, il n’y a  eu que 4 jours entre la prise de décision et le commencement de la grève de la faim (hormis de l’eau et du sel). C’était bien court pour préparer une grève. Ainsi, j’ai dû remplir les engagements pris avant la décision de la grève dans la préfecture de Kanagawa. En parallèle, je me rendais à la préfecture de Fukushima pour y réaliser mes actions de revendication, et  apporter les voix des évacués. Bien entendu, je n’ai absorbé que de l’eau et du sel même pendant mes déplacements. Après le jeûne de 13 jours, bien que généralement la règle demande de passer le même nombre de jours pour revenir progressivement au régime alimentaire antérieur, comme j’avais des engagements,  j’ai recommencé à manger normalement dès le lendemain tout en faisant attention d’absorber beaucoup d’eau, d’éviter des aliments épicés et de manger moins mais  j’ai senti, en écoutant mon corps, qu’il n’y avait pas de problème particulier et qu’il  avait besoin de  nourriture. J’ai pu me rétablir rapidement, et je vis ma vie comme avant. Je suis reconnaissant à tout le monde dont l’appui moral a soutenu mon état physique.

Qu’est ce qui vous a amené à cette lutte pour protéger les droits  des habitants de Fukushima ?

Sakamoto : Jusqu’à présent, beaucoup de citoyens ainsi que les experts, ont fait remarquer l’insuffisance des  politiques. Ainsi  le gouvernement central et la préfecture de Fukushima se renvoient la responsabilité, ignorent  les nombreuses voix du  peuple tout en menant une  politique d’abandon vis à vis d’une partie de la population, quoique de manière camouflée.  En effet, afin de protéger les enfants, il faut continuer leur évacuation, et pour cela, il est indispensable  d’assurer leur hébergement. Telle est  la raison de mes actions.

- Si je comprends bien, l’aide au logement pour les déplacés se termine à la fin de l’année fiscale 2016 (au mois de mars 2017) pour les zones dont la radioactivité ambiante est au-dessous de 20mSv/an, et à la fin de l’année fiscale 2017, partout où la radioactivité sera en dessous de  50mSv/an. A la fin de 2018, il n’y aura plus aucune compensation. Qu’est ce que  cela signifie  pour les milliers de familles qui ont du reconstruire leur  vie ailleurs et qui devront recommencer une vie nouvelle ?

Sakamoto : Votre commentaire sur la remise à zéro est tout à fait correct. A mon avis, le gouvernement central a constamment déployé des efforts pour minimiser les dommages de l’accident nucléaire tout en exerçant des pressions sur les médias. On peut presque parler ici d’un contrôle de l’information. La préfecture de Fukushima a mis en priorité la sauvegarde du gouvernement local plutôt que la santé et la vie de ses ressortissants. L’ETHOS qui avait été actif dans les coulisses à Tchernobyl est entré en scène sans tarder à Fukushima, et a recommandé de vivre avec la radiation, prétendant qu’ETHOS  était là pour protéger la santé des habitants de Fukushima.

Derrière la série des événements, on aperçoit les figures de l’AIEA, de la CIPR et de l’UNSCEAR. Toutefois, j’ai l’impression que l’éducation après guerre a fait des Japonais un peuple docile qui suit les autorités et les média aveuglément. Même si la diffusion de l’accès à l’internet empêche le contrôle complet de l’information, le fait est que les personnes n’ayant pas accès à une ’information véridique, ne se rendent même pas compte qu’ils sont dupés. Ceux qui ne sont pas conscients de la manigance du gouvernement se laissent abuser  à cause de leur discrétion, élément  caractéristique du caractère japonais. Parmi ceux qui bénéficient de la ”Compensation” (quoi qu’insuffisante ), beaucoup ne réalisent même pas qu’ils ont été manipulés à ne pas réclamer leurs droits légitimes à cause de leur sentiment de culpabilité vis-à-vis des personnes qui elles sont privées du droit à la “Compensation”. Une partie des sinistrés ont fini par accepter leur situation comme inévitable. C’est dommage. Toutefois, il existe également des déplacés ayant une forte conscience de leurs  droits qui s’élèvent contre cette  maltraitance injustifiable. 

Le gouvernement central ainsi que TEPCO, les auteurs, non seulement ne reconnaissent pas leur responsabilité pénale mais ils essaient en plus de s’en tirer sans remplir la responsabilité de la “Compensation”. Cela me met  en rage. A cause de  députés parlementaires sans coeur, à cause du sabotage et de l’absence   de prise de décision de la part des administrateurs, les victimes ne peuvent que vivre au  jour le jour, et dans la situation où ils se trouvent, ne voient plus que  l’option de la mort.

Les autorités ne jouissent pas de l’adhésion des sinistrés.

- Quel est le consensus parmi les membres des familles concernant un tel déplacement? J’ai lu quelque part que 40% ne souhaitent pas rentrer, ce qui est compréhensible. Est ce exact ?

Sakamoto :

En ce qui concerne les évacués de la zone d’exclusion où l’ordre d’évacuation a été appliqué, la part de la population souhaitant retourner est d’environ 20%. Ceux qui n’arrivent pas à prendre une  décision définitive et continuent la vie de réfugié représente entre 30 et 40%. Le reste de la population, c’est-à-dire entre 40 et 50%, considère que ce n’est pas possible de rentrer, et souhaite reconstruire leur vie ailleurs rapidement. Au fur et à mesure que la période d’évacuation s’allonge, la part de la population qui considère que ce n’est pas possible de rentrer augmente.

Les gouvernements locaux se rendent compte de la situation, mais utilisent le budget uniquement dans l’hypothèse  du retour de la population. Je suppose que c’est inévitable puisqu’ils ne sont intéressés que par leur propre sauvegarde, mais c’est une  politique trop déséquilibrée.

Quant aux "auto-évacués" (ceux qui se sont déplacés dans des régions en dehors des zones d’évacuation qui avaient été décidées), la grande majorité souhaite demeurer où ils sont, et ce souhait est de la première importance pour eux. Il existe de plus en plus de personnes qui sont rentrées malgré elles pour des raisons financières ou à cause de conflits au sein de la famille. Généralement, les gens ne comprennent pas la situation des refugiés. Aussi, il est difficile de dire combien de refugiés comprennent pleinement la démarche d’arrêt de l’aide de “Compensation” de la préfecture de Fukushima. Dans ce sens, une audition publique est nécessaire, et la préfecture de Fukushima a la responsabilité de s’expliquer.

- Les autorités locales ont l’air de croire qu’elles ont réussi à décontaminer suffisamment les régions contaminées pour y faire retourner les familles avec leurs enfants. Qu’en pensez-vous ? Y a-t-il suffisamment d’infrastructures sur place pour accueillir un si grand nombre de personnes qui vont rentrer – hôpitaux, supermarchés, écoles ?  

Sakamoto : C’est le planning des bureaucrates, ils essaient de détourner  l’attention du peuple japonais de l’accident de la centrale nucléaire et de l’orienter vers les Jeux Olympiques en suscitant leur enthousiasme. C’est inévitable que la préoccupation du peuple japonais s’estompe au fil de temps. L’autocensure par les médias des informations concernant l’accident nucléaire et ses conséquences, accélère le désintérêt, et le gouvernement met les réfugiés aux abois en arrêtant ses aides et la “Compensation”.

Il semble qu’il essaie de faire disparaître les évacués le plus tôt possible, avant 2020.

Quant aux infrastructures, leur  mise en place est retardée par le manque de main-d’œuvre dû à la préparation des Jeux Olympiques. Cela freine aussi la construction de logements publics, ce qui rend difficile la levée de l’ordre d’évacuation au mois de mars 2017. Toutefois, les travaux de décontamination, la mise en place des infrastructures pour la reconstruction, et le calendrier de retour sont étroitement liés (même s’il s’agit de la question de format?). Ils vont donc dire que les infrastructures sont  prêtes pour le retour et ceux qui ne rentrent pas devront reconstruire leur vie avec leurs propres moyens. D’ores et déjà, les gouvernement central et de Fukushima incitent à « l’autonomisation » des évacués.

La démarche du gouvernement actuel est de créer une ambiance sociale requérant l’autonomisation des réfugiés, et de créer  une  situation dans laquelle ceux-ci n’auront  d’autres options que de retourner dans leur région  d’origine. Pour ce faire, il arrête les aides et la compensation, en se basant sur la mesure de la radioactivité ambiante comme seul critère pour lever l’ordre d’évacuation, sans faire face à la réalité de la radio-contamination.

- Selon le CIRP, le public ne devrait pas être exposé à plus de 1mSv/an. Les autorités parlent-elles réellement de 50mSv/an ou moins,  comme la dose sans risque pour faire rentrer les enfants ? Quels sont les arguments fournis par les autorités locales aux évacués afin de les convaincre de rentrer – à part, bien sûr, de les priver du  statut d’évacué et de  la ”Compensation” ?

Sakamoto :

Malheureusement, le gouvernement central diffuse des informations erronées  en profitant de l’ignorance du peuple japonais sur la radioprotection, et le mène en  bateau en impliquant les gouvernements locaux. C’est ainsi que les gens qui croient en leur  sécurité sans même en discuter, ou les gens qui veulent y croire,  soutiennent la politique du retour. Le gouvernement utilise leur  sentiment de vouloir reconstruire leur  pays natal qui n’a rien à voir avec la logique scientifique.  

Le gouvernement central est le responsable principal de tout cela, mais nos discussions avec les gouvernements locaux ne connaissent pas ou ont des appréciations incorrectes sur les risques d’irradiation et les mesures de la radioactivité. Le gouvernement maintient son  point de vue selon lequel l’exposition à la radioactivité jusqu’à 100mSv/an n’est pas censée avoir des effets sanitaires. Quant à la dose inférieure à 50mSv/an, cela va sans dire…...

Afin d’implanter dans  le peuple japonais l’idée selon laquelle les gens parlant des effets sanitaires ne sont  qu’une petite partie de la  population trop nerveuse et trop  inquiète, des chercheurs et des  universitaires sous l’influence du lobby nucléaire français mènent des activités de lavage de cerveau au sujet de la sécurité, auprès des organismes d’administration, des comités d’éducation et des organisations à but non lucratif, et ce,   en utilisant le budget de la reconstruction. Puisque les fonctionnaires ont l’habitude de transmettre la volonté de leur supérieur hiérarchique aux subalternes sans se poser de question, la voix des habitants n’est  pas entendue et par conséquent n’est  évidemment pas prise en considération.

- C’est une question personnelle et vous n’êtes pas obligé d’y répondre. J’ai compris que vous êtes vous-même un évacué de Tomioka et que maintenant vous  habitez à Yokohama. Vous êtes en première ligne de feu. Il vous  faut beaucoup de courage pour vous déplacer dans un nouvel environnement et vous insérer dans de nouvelles communautés. Pendant quatre ans, les évacués ont été forcés de reconstruire leur vie afin de s’adapter à ce nouvel environnement. Maintenant, ils doivent rentrer s’ils ne peuvent plus subvenir aux besoins de leur famille et recommencer à zéro. Alors ma question c’est, retournerez-vous à Fukushima ?

Sakamoto : Je n’en ai pas l’intention. La plupart du territoire de la préfecture de Fukushima est contaminée à une  dose équivalente aux zones contrôlées radioactives. Considérant le fait que la demi-vie du  Césium 137, - radionucléide le plus présent -, est d’environ 30 ans, la possibilité d’une nouvelle crise à  la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, et le fait que son démantèlement nécessiterait quelques centaines d’années, je ne prends pas le choix du retour. Si je rentre, cela signifie que mes enfants ainsi que mes petits-enfants y  retournent également.

L’opération de démantèlement est nécessaire, mais la responsabilité de l’accident de la centrale nucléaire incombe aux parents, à notre génération. Je ne peux même pas considérer la possibilité d’imposer l’irradiation aux générations des enfants et des petits-enfants.

- La dernière question. Quelle sera la prochaine étape ? Comment allez vous lutter pour cette cause ? La pétition demandant la protection de l’aide au logement a-t-elle été transmise au Préfet Uchibori ? Comment pouvons nous vous aider ?

Sakamoto : Actuellement, il y a plus de 20 poursuites judiciaires dans le cadre de l’accident nucléaire. Nous avons établi un  comité de coordination des groupes de victimes afin de créer un grand mouvement unificateur. Par ailleurs, en coopération avec des mouvements civils, nous, les victimes de l’accident nucléaire accélérons progressivement le mouvement pour l'abolition du  nucléaire. J’espère remplir ma responsabilité en tant que victime afin de réunir  ces mouvements en un seul.

Ce n’est pas une réponse concrète, mais ces activités ne sont pas à concevoir sur du  court terme. Je pense maintenir le principe de résistance non-violente.

Quant à la pétition collectée grâce aux Amis de la Terre du Japon, j’ai accompagné ceux-ci pour la déposer. M. Uchibori, Préfet de Fukushima ne s’est pas manifesté devant nous avant la date de la déclaration officielle de l’arrêt de l’aide.

Je vous remercie sincèrement d’avoir soutenu notre action et diffusé l’information. Je suis très reconnaissant pour votre proposition de coopération.

Avant la catastrophe, je n’étais qu’un petit citoyen sans aucun statut social ni compétence spéciale. J’ai attiré l’attention de beaucoup de gens par ma grève de la faim, simplement parce qu’après l’accident de la centrale nucléaire causé par des erreurs humaines, j’ai pris la parole et mène des actions, ce qui ne présente rien de remarquable dans le contexte ordinaire.

A vrai dire, depuis que j’ai fondé l’organisation bénévole nommée « Réseau de l’évacuation et de l’aide Kanagawa » (Hinan Shien Net Kanagawa) il y a 2 ans et 3 mois, j’ai mené des activités sans recourir aux subventions gouvernementales, en utilisant 80% de la compensation reçue pour couvrir les frais d’activités. Les 20% restants viennent des dons.

Je mène des activités en tant que représentant d’un petit groupe d’entraide des victimes dont le site web n’est même pas mis à jour régulièrement, représentant principal du groupe de soutien au procès pour faire retirer le seuil de 20mSv/an de Minami-Sôma, et membre du bureau du groupe des lieux spécifiques recommandés pour l’évacuation de Minami-Sôma. Je suis fier de dire que j’adhère à l’objectif de protéger le peuple japonais et ses enfants.

Dans le cadre de la coordination en cours entre les différents groupes, nous envisageons l’introduction d’outils de mesure des contaminations alimentaire et du sol, puisque il est indispensable de déployer des efforts de mesure de la radioactivité ambiante et de radio-contamination dans la préfecture de Fukushima. Ces extensions des activités nécessitent de la collecte de fonds, ce qui n’est pas facile. Je suis gêné de vous demander cela  mais si cela est possible, nous vous serions reconnaissants si vous pouvez participer à cette  collecte de fonds.

Votre action et la diffusion de l’information nous apportent du soutien.

Les manières d’expression peuvent être diverses, mais prenons les actions à travers le monde à l’unisson avec nos cœurs !

- Merci beaucoup d’avoir pris de votre précieux temps. Veuillez prendre soin de vous pour récupérer vos forces, car cela va être une lutte à long terme. De la part de l’équipe entière d’Evacuate Fukushima 福島の子供を守れ, je vous transmets notre sincère admiration pour tout ce que vous faites, et soyez  assuré que nous portons dans  notre cœur tous les enfants et parents courageux impliqués dans cette crise. Nous vous soutenons et nous continuerons de diffuser vos paroles partout où c’est possible. Nous ne renonçons pas. Je crois encore que la justice sera  rendue, M. Sakamoto.

Sakamoto : Merci pour votre  message de soutien. Je vous remercie du fond du cœur. J’étais conscient de votre présence, mais à travers cette action, la présence des amis du monde est entrée dans mon  cœur et cela me donne de la force.

J’ai du mal à trouver les mots pour vous remercier. Il y a des limites dans des problèmes auxquels on s’attaque, et chaque limite a sa cause. Afin d’éliminer la cause, il faut l’amour dans le cœur de la personne qui entreprend l’action. L’action sans cœur n’atteint pas le cœur des autres.

Je sens l’amour de votre part. Je suis convaincu que le monde va changer lorsque j’aurai transmis votre amour à chaque personne en face de moi.

Restant avec vous

Sakamoto Ken

Nous devons cette version française de l'entretien de Ken SAKAMOTO publié dans Evacuate Fukushima au site Nos Voisins Lointains