A ceux que le bonheur des autres révolte

A ceux que le bonheur des autres révolte

La censure d'une exposition contre l'homophobie se poursuit : "Toutes les nouvelles photos réinstallées à Toulouse ont été volées !!! La première fois, ils ont voulu montrer leur mécontentement. La deuxième fois, ils ont carrément décidé de faire disparaitre l’expo pour qu’aucun passant toulousain ne puisse la voir. En volant toutes les photos, rien n’est visible, comme si l’expo n’existait pas. Non seulement les anciennes photos vandalisées que j’avais tenu à garder exposées à la vue de tous ne sont plus là, mais également tous les nouveaux panneaux qui avaient été installées la veille par la Mairie !" Olivier Ciappa, sur son compte Facebook.

Au début, il y eut ça.

Au début, il y eut ça.

A partir de quel moment est-on en droit de dire que cela commence à bien faire ?

"Toutes les nouvelles photos réinstallées à Toulouse ont été volées !!!
La première fois, ils ont voulu montrer leur mécontentement. La deuxième fois, ils ont carrément décidé de faire disparaitre l’expo pour qu’aucun passant toulousain ne puisse la voir. En volant toutes les photos, rien n’est visible, comme si l’expo n’existait pas. Non seulement les anciennes photos vandalisées que j’avais tenu à garder exposées à la vue de tous ne sont plus là, mais également tous les nouveaux panneaux qui avaient été installées la veille par la Mairie !" 

Olivier Ciappa, sur son compte Facebook.

On en est là à Toulouse, ville qui n'est pas connue pour être la plus réactionnaire de France. Où en sera-t-on demain, ailleurs, dans notre angoissant climat d'intolérance ? Il est devenu (la preuve vient d'en être faite par deux fois en une semaine) impossible ou presque, en France, d'organiser une exposition s'adressant au grand public (celle-ci était dans la rue), aussi consensuelle soit-elle dans son approche, et c'est le cas de celle-ci, tout sauf provocante, toute de softitude, Olivier Ciappa ayant demandé à des personnalités/people d'incarner des couples homosexuels qu'ils ne sont pas (Roselyne Bachelot et Audrey Pulvar !), sur le sujet visiblement encore brûlant de l'homosexualité. Un peu gnangnan pour nous, d'une perversion diabolique pour d'autres, le sort de ces "photos qu'on ne saurait voir ni montrer" en France depuis l'opération "Manif pour tous" - qui a prouvé qu'il restait en France un bon paquet de gens prêts à se mêler des affaires des autres, qui ne les regardent en rien, tout cela au nom de Dieu et de la sacro-sainte normalité de leurs moeurs sexuelles - nous rappellent qu'il faut tout reprendre depuis le début. Liberté d'expression, combat féministe, lutte pour l'égalité des droits : tout ce qu'on croyait acquis ne l'était pas. Les réactionnaires et les religieux sont en train de nous le reprendre. Ceux qui affectent un grand souci pour les "pauvres femmes musulmanes contraintes à porter le voile par une religion qui les opprime", et décident dans le même temps de supprimer les subventions pour le Planning familial, suggèrent comme solution au chômage le retour des femmes à la maison, vomissent évidemment tout ce qui n'entre pas dans le schéma de la famille patriarcale, pleurent comme Éric Zemmour sur l'impossibilité de trouver une "femme qui ne soit pas contaminée par le féminisme" aujourd'hui... tous sont hypocrites (leurs placards personnels sont bien fermés) et responsables de ce grand retour en arrière, qu'ils présentent bien sûr comme un retour à l'ordre et à la raison. Du haut de leurs certitudes, des siècles d'oppression nous regardent.

L'Autre Quotidien

® Olivier Ciappa

® Olivier Ciappa

® Olivier Ciappa

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