Vous n'aviez jamais vu comme ça un camp de réfugiés syriens

Vous n'aviez jamais vu comme ça un camp de réfugiés syriens

Refugee Republic est un transmédia documentaire interactif sur la vie quotidienne dans le camp de Domiz, un camp de réfugiés syriens au nord de l'Irak. L'objectif de l'artiste Jan Rothuizen, du journaliste multimédia Martijn van Tol, du photographe Dirk Jan Visser et du webdeveloper Aart Jan van der Linden est d'enrichir l'image existante des camps de réfugiés par la construction d'une esquisse de la vie quotidienne dans le camp, à travers une combinaison de dessins, cinéma, photographie, son et texte pour créer une expérience sensorielle. Nous estimons que c'est un travail qu'il serait nécessaire de faire dans la Jungle de calais.

Un groupe de femmes assises sur le sol en face d'une rangée de tentes blanches, attendant de l'aide. Un enfant couvert de poussière se tient derrière des barbelés regardant l'objectif les yeux écarquillés. Ce sont les images qui nous parviennent des camps de réfugiés. Et pourtant, tout un monde se cache derrière ces images, un monde que peu de gens ont vu de leurs propres yeux.

Nous imaginons tous les camps comme des mesures temporaires, mais ignorons le fait que les réfugiés restent en moyenne dix sept ans dans un camp. (Source: Conseil norvégien pour les réfugiés). Temporaire ?

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, il y a plus de 50 millions de réfugiés dans le monde. Les centaines de camps de réfugiés à travers le monde sont de plus en plus rapidement des mini-sociétés, avec les réfugiés en tant que citoyens, et les organisations de secours à la place du gouvernement. Comme tout le monde,  les réfugiés-citoyens apportent des améliorations à leur "maison", vont à la boulangerie, cherchent un emploi ou démarrent une entreprise, vont voir un spectacle, tombent amoureux, discutent avec les voisins, se marient et ont des enfants, qui vont aussi à la garderie après l'école. Les réfugiés ne sont pas des martiens. Mais des hommes et des femmes comme nous. Déplacés. Coincés quelque part. 

Tout comme nous le ferions, les réfugiés-citoyens naviguent entre les opportunités et les risques du free market dans le camp, et les consignes et limites imposées par les organisations en charge des camps, parfois utiles, parfois abusives. 

Refugee Republic vous emmène dans le monde réel, qui grouille et vit derrière les affiches d'appels à la charité des ONG. Les auteurs de ce documentaire interactif sont allés au camp Domiz dans le nord de l'Irak, où environ 64 mille réfugiés syriens kurdes ont cherché refuge. Vous pouvez explorer le camp à travers les dessins à la plume d'un artiste, l'objectif d'un photographe et les oreilles d'un producteur de radio. Vous rencontrez les habitants et apprenez à les connaître en faisant défiler récits audio-visuel, ou en déambulant dans les dessins enrichis avec le son.

Grâce à une carte interactive, vous apprenez à connaître A.O. Ahmed (13 ans), qui saute l'école pour s'occuper de ses oiseaux, vous suivez une journée dans la vie de l'exciseuse Shixmous (63 ans), vous buvez une tasse de thé entre les moteurs de tuk tuk avec Mahmoud le bricoleur (23 ans), et vous restez sans voix devant Fatma (16 ans), qui espère trouver sa chance en tant que chanteuse via Youtube.

Tous sont arrivés épuisés dans ce ce camp. Ils reçoivent alors chacun une boîte de secours de base. Et puis leurs vies commencent ici. Bienvenue à la République du statut de réfugié.