Kali Uchis : "Cholas", guapas et gang glamour

Kali Uchis : "Cholas", guapas et gang glamour

Kali Uchis a seulement rajouté du glamour moderne (pensez Rihanna, Beyoncé) au look des cholas, les femmes et girlfriends des gangsters mexicains, qui remonte aux années 40, celles où leurs hommes portaient des zoot suits ultra-larges pour narguer les rationnements de l'effort de guerre américain, et qui a traversé les années.

 
 

Cholo (xolo) est le terme qu'on utilisait au Mexique espagnol pour désigner les métis, les Indiens, les "pas clair", les péquenots.  Se dénommer soi-même fièrement un cholo (chola, pour les femmes), comme le font les membres de gangs mexicains, c'est donc faire comme les Punks (signification: quelque chose entre voyous et petits cons), ou les Apaches de Paris au début du vingtième siècle : arracher les mots de l'adversaire, et les reprendre à son compte, les dire à sa place, le devancer pour le désarmer, pour lui faire ravaler son mépris. Cholo, moi? Et alors? J'en suis fier. Quelque chose comme ça. Kali Uchis est colombienne, grandie aux États-Unis : on en conclut que le style chola, auquel elle donne un coup de jeune en le glamourisant et en le féminisant à l'extrême, et en osant les couleurs, est le style de la latina 2015. Clairement, Beyoncé et Rihanna sont entrées dans les esprits. Leur féminisme ultra-féminin a fait école. Ce n'est pas totalement nouveau : qu'on pense à la Jane Fonda de "Barbarella". Mais ce ne fut tellement pas la tendance principale du féminisme (euphémisme) qu'on ne s'étonne pas que les universitaires aient du mal avec ce style, qui passe en revanche de mieux en mieux dans les barrios et les banlieues. 

 
 
 

Et donc, les cholas sont ces mexicaines fières de l'être. Femmes et girlfriends des cholos, les membres des gangs. Ou, parfois, avec leur propre gang de femmes. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elles ont du style. On les voit. Contrairement aux femmes de la Mafia, qu'on imagine en noir, veuves, ou ne voit pas du tout, les cholas sont clairement actives. Et immédiatement identifiables par leur style, qui sautait aux yeux dans les années 80 et 90, et s'est un peu assagi et dilué depuis.

 
 
 

Signes de reconnaissance :

- une coupe de cheveux relevée dangereusement vers le haut, sorte de choucroute tenue au gel, et à la laque, qu'on appelait le "rare-do". Amy Winehouse est 100% chola de ce point de vue là. Tout son style lui vient de là. Maquillage compris.

- les cholas portent en effet le make up lourd, marqué, sourcils dessinés Marilyn Monroe, line-up comme dans les sixties, mascara, black lipstick. Sexy très femme mûre, glamour, plutôt que gothique. 

- les crucifix, vierges de Guadalupe, bijoux voyants sont évidemment de rigueur. Ainsi que les tatouages élaborés. 

- les pantalons chinos, baggy, retroussés, et les tee shirt de gymnase sexy sur des soutiens gorges voyants sont pratiquement de rigueur, sans interdire tout à fait la robe fifities, auquel cas le mélange est très choc. Les marques cholas sont : Dickies, Ben Davies, Lowrider, Joker, Bighouse.

- les chaussures sont des Nike Cortes, des Converse, des Stan Smith, les plus classiques de toutes.