Leonard Wong interroge notre goût de la vie en cage

Leonard Wong interroge notre goût de la vie en cage

La cage, nous protège-t-elle ? Ou nous enferme-t-elle ? La mode n'est-elle pas la cage derrière laquelle nous nous cachons pour regarder le monde, et être vus de lui ? On dit souvent que les stylistes sont des architectes. Ils sont aussi des maçons. Des ferronniers. Des bâtisseurs pour nos meilleurs et nos pires. Comme Leonard Wong.  

Tout neuf styliste japonais (sa marque ne date que de 2013), Leonard Wong a tout de suite capté l'attention par la force pure de ses dessins et de ses lignes, totalement impeccables, et en cela parfaitement inscrits dans une longue tradition japonaise de l'utilisation du noir et blanc, et son désir pourtant affirmé haut et fort (et donc revendiqué, en termes très nets sur son site, ce qui, là, n'est pas du tout japonais : "Après avoir absorbé la tradition, j'ai vu le futur surgir dans mon esprit. Comme on ne peut réprimer le désir d'aventure des êtres humains, j'ai choisi de briser avec la tradition. Des ruines, au moins peuvent sortir des jeunes pousses.") de bousculer les habitudes et les idées reçues. Sa collection de figures hiératiques ne joue pas seulement autour du thème du bondage, comme tant de collections des plus fameux stylistes ont pu le faire ces dernières années, où le bondage est devenu presque banal, comme une figure obligée du sexy contemporain, elle essaie d'interroger ses raisons d'être les plus profondes. La cage, nous protège-t-elle ? Ou nous enferme-t-elle ? La mode n'est-elle pas la cage derrière laquelle nous nous cachons pour voir le monde et être vus de lui ? On dit souvent que les stylistes sont des architectes. Ils sont aussi des maçons. Des ferronniers. Des bâtisseurs pour nos meilleurs et nos pires.