Sadie Benning vous ouvre son œil de l'esprit

On vous a déjà parlé de l'artiste trans Sadie Benning pour son travail vidéo. Aujourd'hui, elle utilise d'autres média pour déranger autrement. C'est chez Air de Paris, ça vaut le détour

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Sadie Benning a commencé à produire des vidéos expérimentales en 1988, pendant son adolescence. Ses films noir et blanc, lo-fi, exploraient des questions d'identité, du langage et de la mémoire. Improvisés avec le matériel disponible sur le moment, Benning a construit des images animées à partir d'objets trouvés, de dessins, textes, performances et rushes. Depuis les vingt dernières années, la forme, le contenu et la poésie explorés dans ses œuvres de jeunesse ont mûri avec l’engagement genré de l’artiste et l’évolution de questions politiques, conceptuelles et matérielles.

 

Depuis peu, Benning produit des œuvres murales qui perturbent les catégories de peinture, dessin et sculpture. Ces œuvres commencent par un traçage sur un panneau de bois. Les éléments constitutifs de l'image sont ensuite découpés, des couches d’aqua-résine colorées sont appliquées sur ces formes qui seront ensuite poncées et modelées puis rassemblées pour former la composition finale. Lors de l’assemblage, les interstices entre les pièces deviennent un espace conceptuel de projection personnelle : « Il y a un vide entre les panneaux qui correspond à ce troisième espace dont je parle - cette vacance où nous devons imaginer quelque chose d'autre. La ligne manquante. Ce n’est que de l’air, et une ombre ».

Park 2015

Park 2015

Les objets exposés dans « L’œil de l'esprit » veulent explorer cet espace liminal génératif entre langage et expérience. Chacune des œuvres n’a qu’un seul mot pour titre : Nuit, Parc, Pensées. Si chacun de ces mots peut décrire littéralement un élément de chaque œuvre, ils mettent également en évidence la nature associative de ces compositions et le réflexe herméneutique propre au spectateur. Contrairement à nombre de ses expositions précédentes, « L’œil de l'esprit » a été produit sans volonté de narration préalable. Lors de la production des œuvres, une série de connexions poétiques ont émergées, qui explorent les limites profondes de l'utilité du langage pour décrire l'identité et représenter l'expérience individuelle.

Green God

Green God

Sadie Benning - L'œil de l'esprit -> 29/10/16
Air de Paris 32, rue Louise Weiss 75013 Paris