Glen Baxter, première expo perso à Paris du Colonel

Glen Baxter, première expo perso à Paris du Colonel

Plus grand loufoque nonsensique du dessin illustré britannique depuis les années 70, Glen Baxter s'offre enfin sa première expo personnelle à Paris pour venter les immenses mérites du Colonel, de ses boy-scouts et de certains cow boys …

 

Glen Baxter a trouvé circa 1970 sa formule de dessins légendés, méticuleusement typographiés, dont il a fait sa forme d’expression favorite; toujours cerné à l’encre, la couleur emplit entièrement le motif. Personnages figés, absence d’ombre portée et d’expression faciales, arrière-plan délimité ; ses dessins construits avec grande rigueur, évacuent tout pathos stylistique. Et c'est là son coup de génie, dans le décalage qu'il instaure entre image et légende.

Explorateurs en casque colonial, étudiants en blazer, buveurs de thé et joueurs de cricket, cow-boys et autres scouts sont les héros ordinaires de ses dessins légendés. Issus des récits populaires de la jeunesse des années 30 et 40, ces personnages sont placés dans des situations absurdes et extravagantes au milieu desquelles ils conservent un flegme tout britannique : des boy-scouts récitent du Raymond Roussel devant un feu de camp ; un shériff prend en flagrant délit le cow-boy Perec tentant de voler un E ; des primo-délinquants en blazer mis au pilori sont condamnés à assister à un colloque sur Houellebecq ; des enfants en robe de chambre scrutent à la lanterne la reproduction quasi-industrielle de Mondrian par leur père…

Ce maître du nonsense sait toujours où placer le détail que l’on découvre dans un second temps et qui modifie tout le sens de la scène. Pour peu qu'on y prête attention, l’incongruité pointe dans les relations que cet artiste anglais établit entre ses textes et ses images. Souvent, le nonsense et le rire qui s’ensuit reposent sur le décalage entre des images truffées de bizarreries et l’impassibilité de leurs légendes. « Il suffit d’une flèche oud’un feu au second plan pour que soudain la normalité bascule dans l’absurde. »

Glen Baxter cite volontiers ses sources : Lewis Carroll, le roman « What a life » considéré par Raymond Queneau comme pionnier du surréalisme, Buffalo Bill, Tom Mix, George Herriman ( Krazy Kat), et ses préférés : Jarry, Queneau, Raymond Roussel, Beckett, Magritte, Chirico, Desnos, Man Ray…

Friedrich Angel

Glen Baxter - Completely Baxter -> 17/01/17
Galerie Isabelle Gounod 13, rue Chapon   75003 Paris