Koji Onaka et le rapport à l'instant

Disciple avoué de Daido Moriyama, Koji Onaka travaille lors de ses voyage au long cours, c'est un baroudeur à la cristallisation d'instants photographiques. Peu importe le lieu, la date ou le sujet ; quand quelques chose est là, le déclic y apporte son témoignage. Un peu sec, peut-être, mais jamais lassant.

Figure incontournable de la scène photographique japonaise et baroudeur invétéré, Koji Onaka collectionne depuis près de 30 ans des souvenirs de ses voyages. Il propose une succession d’instants disparates composés instinctivement, à l’envie. Ses images brûlées, rougeoyantes traduisent la douceur irritante de vivre. Cette joie de la découverte mêlée à la solitude, une curiosité traversée d’amertume qui éloigne définitivement son travail de l’exotisme qui caractérise parfois la photographie de voyage. autant de souvenirs capturés lors de ses expéditions du Mexique à la Corée du Sud, en passant par l’Espagne, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Lettonie, la Thaïlande, le Vietnam ou encore les Philippines.

La passion de Koji Onaka pour la photographie naît de sa découverte des images de la série Tales of Tono de Daido Moriyama. Stupéfait par la singularité de son regard et par le sentiment de nostalgie qui émane des tirages contrastés, il quitte sa ville natale de Nogata pour rejoindre le Tokyo Photograph College où le maître enseigne. Son désir d’entrer en contact avec Moriyama le pousse à faire ses marques dans le monde de la photographie et à rejoindre la galerie CAMP.

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Onaka commence sa carrière en 1982 en tant qu’indépendant et affirme très tôt son style photographique. Ses tirages noir et blanc nuancés de gris fumés semblent cristalliser ses sujets dans le passé. Entachés de mélancolie et de mystère, les clichés échappent invariablement aux lois du temps. Ses travaux photographiques en couleur qu’il tire lui-même à partir de 2000, sont marqués par ce même sentiment de nostalgie et d’incertitude temporelle.


Aussi, Koji Onaka n’a de cesse de voyager à l’écart des grandes mégalopoles japonaises, traversant des villages paraissant appelés à disparaître. Sans but précis, ni sujet défini en amont, tel un vagabond, il se laisse guider au hasard des déambulations. Le photographe cherche moins à documenter les lieux, qu’à révéler leur charge émotionnelle, laissant au spectateur la possibilité d’interpréter chaque image selon sa propre sensibilité.

En marge de son travail personnel, Koji Onaka soutient les jeunes photographes japonais comme l’ont fait pour lui les artistes de la galerie CAMP à ses débuts. Responsable de la galerie Kaido puis du magazine photo du même nom, il dirige également la maison d’édition Matatabi.

Maxime Duchamps

Koji Onaka //Memento vivere – « from the road » (jinsei no kioku) -> 01/17
In Between Gallery - 39, rue chapon 75003 Paris