Brassaï aimait aussi les graffiti, la preuve à Beaubourg… 

Brassaï aimait aussi les graffiti, la preuve à Beaubourg… 

La série des Graffiti, sur laquelle (Gyula Halas alias) Brassaï a travaillé  vingt-cinq ans, est composée de plus de 500 images. L’exposition présentée au Centre Pompidou, en en dévoilant des inédits, propose un regard approfondi sur cet ensemble.

Flâneur nocturne, Brassaï (1899–1984) s’intéresse dès le début de sa carrière aux quartiers mal famés de Paris et à la culture populaire. À l’issue de son fameux cycle Paris de nuit, il concentre son regard sur des dessins, signes et gribouillages inscrits sur les murs de la ville.

Il est l’un des premiers, dans l’histoire de la photographie moderne, à penser intuitivement l’appareil photographique comme un outil de dissection de l’urbain. Il établit un protocole et entame un projet d’enregistrement systématique : au fil des années, Brassaï constitue un catalogue, sorte d'imagier populaire, des traces laissées sur les murs par les habitants: « Avec le langage du mur nous avons affaire non seulement à un important fait social, jamais encore étudié, mais aussi à une des plus fortes et plus authentiques expressions de l’art. » commentait-il en 1958, au sujet de sa série en plein essor.

Ces inscriptions trouvées et photographiées sont lues comme l’expression de l’inconscient de la métropole. Rassemblées dans les années 1950 pour des expositions et éditées dans le livre Graffiti (1961), elles sont soumises à une typologie proposée par l’artiste. Cette démarche inscrit sa pratique dans le contexte naissant de l’ethnologie et de la sociologie du quotidien.
La série des Graffiti, a notamment été admirée par des artistes et des écrivains proches de Brassaï : Pablo Picasso, Jacques Prévert, Jean Dubuffet. C'est d'ailleurs avec Picasso qu'il écrira dessus et Dubuffet qu'il en collectera. Quelle descendance aussi bien à  New York qu'à Paris, KeithHaring, Basquiat, Miss Tic et Jérôme Mesnager ne se connaissaient peut-être pas de tels prédécesseurs …

Brassaï Graffiti → 30 janvier 2017Galerie des photographes, Niveau-1
Centre Georges Pompidou- Place Georges Pompidou75004 Paris