Toshi Enami, le plein de Meiji

D'une telle finesse de réalisation qu'on dirait qu'elles ont inspiré Pierre et Gilles, les photographies de Toshi Enami semblent calées hors du temps, tout en gardant une exquise désuétude.

Né à Tokyo dans les années 1860, T- Enami est l'élève, puis l'assistant du photographe
et collotypiste Ogawa Kazumasa. Après ses études, il s'installe à  Yokohama et ouvre un studio photographique à quelques portes de celui de Tamamura Kōzaburō. Ils collaboreront sur trois projets, au fil des ans. Et si, au premier coup d'œil, ses clichés coloriés à la main ont un air vaguement connu, c'est qu'il a réalisé pour des journaux à grand tirage nombre des clichés qui ont parcouru le monde depuis l'ère Meiji, celle des années 1890, au moment où l'Empire du Soleil Levant s'est ouvert à l'Occident.

image stéréoscopique

image stéréoscopique

Sumos à la lutte

Sumos à la lutte

Ayant travaillé dans tous les formats populaires, y compris la production de photographies de grand format compilées dans ce qui est communément appelé « Albums de Yokohama », Enami est alors le photographe japonais le plus prolifique d'images populaires telles que les stéréoscopies et les images pour lanterne magique. Les verres de stéréoscopies japonaises d'au moins trois grands éditeurs américains sont faites entièrement d'images de T. Enami.

Mais ce n'est pas parce que la grande diffusion en a fait un chromo en lui donnant un statut de photographe de scènes typiques qu'il faut se laisser aller à une telle paresse d'esprit. Toshi Enami reste un photographe génial,  à découvrir pour la ruralité de son propos, comme pour ses instantanés de vie urbaine au début du XXe siècle.