Amadeo de Souza-Cardoso, retour de comète

Comme un lapin sorti du chapeau d’un magicien, Amadeo de Souza-Cardoso a débarqué dans l’art moderne pour en suivre quelques pistes, puis s’en est allé… Comète à saisir en apesanteur au Grand Palais.

Amadeo de Souza-Cardoso, Le Saut du lapin, 1911 Huile sur toile — 49,9 × 60,8 cm Etats-Unis, The Art Institute of Chicago, Arthur Jerome Eddy Memorial Collection © The Art Institute of Chicago

Amadeo de Souza-Cardoso, Le Saut du lapin, 1911 Huile sur toile — 49,9 × 60,8 cm Etats-Unis, The Art Institute of Chicago, Arthur Jerome Eddy Memorial Collection © The Art Institute of Chicago

« Impressionniste, cubiste, futuriste, abstractionniste… », Amadeo de Souza-Cardoso n’est surtout d’aucune école. Le jeune homme, flamboyant et habité, arrivé à Paris au début du XXème sièclea très tôt fréquenté  toute l’avant-garde artistique de l’époque, de Modigliani à Brancusi, et le couple Sonia et Robert Delaunay et exposé auprès de – Braque, Picasso, Duchamp, Matisse, Kandinsky. Ce, avant de s’envoler pour New York ou Chicago et de mourir à 31 ans d’une pneumonie.

Entretemps, il aura travaillé à la croisée de tous les courants artistiques du XXe siècle. Au-delà des influences impressionnistes, fauves, cubistes et futuristes, il aura toujours refusé les étiquettes et imaginé un art en propre, entre tradition et modernité, entre le Portugal et Paris.

Amedeo de Souza-Cardoso

Amedeo de Souza-Cardoso

L’exposition du Grand Palais vise à  faire découvrir au public français cet artiste prolifique qui a vécu à Paris de 1906 à 1914, lui qui est considéré comme l’un des plus grands peintres portugais du XX ème siècle. Né dans une famille riche, celui qui devait faire des études de droit, se retrouva à Lisbonne dans une école d’architecture, qu’il laissa bientôt pour Paris. Installé à Montparnasse, et happé par la frénésie culturelle parisienne, il abandonna l’architecture pour se consacrer entièrement à l’art. Il commença à dessiner puis à peindre. Influencé par l’impressionnisme, l’expressionnisme, le cubisme et le futurisme, il refusa cependant toute étiquette.

Amedeo de Souza-Cardoso : A Clear House

Amedeo de Souza-Cardoso : A Clear House

Construite par effets de proximité, comme Carambolages, au même endroit, dans une autre aile du bâtiment, cent cinquante œuvres d’Amadeo et de ses proches, Modigliani, Brancusi ou le couple Delaunay, cette exposition, première grande rétrospective consacrée à l’artiste portugais depuis 1958, vise à montrer les multiples facettes et approches du dernier secret le mieux gardé de la peinture portugaise du XXe siècle.

Amadeo de Souza-Cardoso, Procession Corpus Christi, 1913 © Lisbonne, CAM

Amadeo de Souza-Cardoso, Procession Corpus Christi, 1913 © Lisbonne, CAM

Comme un éponge à influences avec lesquelles il se sera toujours construit dans l'écart, de Souza-Cardoso se sera payé le luxe de travailler à la marge de l'avant-garde pour prouver son idiosyncrasie. Et si l’on parle de lapin,  comme figure récurrente de son œuvre, cela prouve simplement que, de Dürer à Barry Flannagan, l’art aime bien varier et les couleurs et les formes et ce, pas uniquement des le sens du poil du spectateur. CQFD

Exposition Amedeo de Souza-Cardoso (1887-1918) -> 18/07/2016
Galeries nationales du Grand-Palais - 3, av du Général Eisenhower 75008 Paris
Site Officiel ici

Amadeo de Souza-Cardoso, La détente du cerf, vers 1912 © Lisbonne, CAM

Amadeo de Souza-Cardoso, La détente du cerf, vers 1912 © Lisbonne, CAM

Visite guidée par la commissaire d'exposition :