73km. Kato Markinou — Stanos. Par Sébastien Ménard

73km.  Kato Markinou — Stanos. Par Sébastien Ménard

73km.

Kato Markinou — Stanos.

Ciel voilé (je me souviens de l’expression « ciel de traîne » — la répète plusieurs fois dans la journée) — moins chaud aussi — mais vent pleine face toute la journée (au soir après avoir vu le soleil tomber derrière la colline en face on dit que tout est calme et c’est vrai sinon le gasoil).

Au réveil au près du lac le soleil met du temps à monter (une montagne à l’est) — et puis la route à nouveau - un chemin — une route autour du lac (le plus grand il avait dit hier le type du magasin) — comme ça on roule sur des routes droite à travers les villages tellement droite qu’on dirait la Roumanie enfin presque bien sûr — à Agrinio on attrape une connexion dans une station essence puis un café dans le centre — on fait les comptes on observe des cartes topographiques (c’est rare c’est presque introuvable une carte topographique alors on doit trouver des connexions pour ça) — on attend des nouvelles on reçoit des mails on envoie des mails — puis la route à nouveau je dis à nouveau parce que le vent parce que les camions les bus les bagnoles enfin tout ça — l’asphalte — et pour finir on retrouve le 5D je veux dire : le boîtier qui fait toutes mes images quoi — quasiment hors d’usage enfin presque — presque parce qu’en mode tout auto ça fonctionne — en mode program ça fonctionne enfin presque presque — et ça me rend triste triste à un moment je dis que la route tout ça sans les images ça vaut pas la peine — sans les mots non plus - alors comme le soleil descend toujours vers l’ouest faut pas se précipiter on dit que ça va le faire — on va trouver une solution ou alors non — c’est juste une contrainte une petite difficulté on en fera de belles images quand même ça va le faire ça va le faire — au loin s’écoule un flux ininterrompu de camion de bagnoles de moteurs en fait — derrière nous ils construisent une autoroute — j’ai pas compté les bêtes mortes charognes sur l’asphalte on aurait peut-être dû le faire — la mer est à 6 kilomètres.

21h26

le chien qui semblait au loin s’approche — un aboiement de plus en plus proche — tapé de notes pourquitter les villes — relu entrer Istanbul en suivant un nuage de poussières — écrit un monstre — écrit pas mal de petites notes.

Sébastien MÉNARD


Sébastien Ménard écrit en continu sur le site diafragm.net. Vous pouvez également le retrouver sur Twitter @SebMenard.