False Friends, des jouets pas gentils

False Friends, des jouets pas gentils

Ça s'appelle "False Friends" et "Casting Shadows". Une histoire de faux amis, de trahison, de losers, d'abandon et de chagrin, de meurtres à la Abel et Caïn, et de sentiment de fin du monde. C'est donc un univers de science fiction, tout à fait comme le nôtre. 

Ces designer toys (on hésite sur le nom) à l'esthétique splendide et glacée vivent un roman. C'est important à comprendre. L'univers des figurines se nourrit maintenant de plus en plus de fiction. Le stade des objets rigolos, sympa ou gentiment creepy est dépassé. Si l'on achète des personnages, on veut qu'ils aient une histoire. "False Friends" se projette donc comme une manière de roman en 3D, ce qui est définitivement étrange, puisque c'est comme regarder éternellement Raskolnikov tuer la vieille usurière, sous tous les angles. Il y a vraiment du sang figé dans cette série d'objets de 30 cm de haut qu'on ne sait plus trop qualifier. Des poses mélancoliques. Des regards de haine. Toys? Vraiment plus.

D'ailleurs, la compagnie qui les produit s'appelle "Coarse" (âpre, rude). Ce sont des éditions limitées, entre 200 et 300 exemplaires, qui peuvent coûter dans les 400 euros pièce. Un peu comme si Gallimard avait inventé à la fois la Série Noire et l'édition de luxe pour bibliophiles. D'ailleurs, les boîtes, forcément magnifiques dans ce monde très spécialisé où le packaging et le design comptent pour tout, semblent des livres.