La "destruction créatrice" de Schumpeter, ou la zumba comme solution au chômage

La "destruction créatrice" de Schumpeter, ou la zumba comme solution au chômage

Nous avons vu la lumière en entendant Nicolas Bouzou hier soir sur Arte : devenir prof de zumba va sauver nos vies ! Ce serait l'emploi du moment en Californie. Signe que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Le 4 septembre, pour le 28 minutes d'Arte, Elizabeth Quin a invité le plus invraisemblable des "jeunes loups" enthousiasmés par "la destruction créatrice" de la France et de ses emplois, un "essayiste et économiste" du nom de Nicolas Bouzou, venu expliquer que les emplois de travailleurs perdus sont déjà remplacés en Californie par des "profs de zumba" et des "coach de plages" ("Mais c'est génial !", s'extasie-t-il) et proposer (oser nous) la fusée pour Mars d'Egon Musk comme sortie par le haut du chômage. On se demande seulement ce que ces jeunes beach boys sémillants deviendront à quarante ans, comme on doute que la prolifération que Nicolas Bouzou anticipe d'emplois de masseurs de plage, cireurs de chaussures, hommes-sandwich et domestiques à l'ancienne (ah ! l'économie des services, comme futur pour les serviteurs des riches que nous serons condamnés à être à nouveau pour survivre !!!) puisse soutenir une société solidaire, et un minimum juste dans le répartition des richesses, plutôt qu'une caricature de retour à l'époque des rois du monde qui règnent sur une masse de serfs et servants). Dans la même émission, une autre fausse naïve, journaliste à L'Opinion, expliquait enthousiasmée qu'Über créait par exemple des tas d'"emplois" (regardez Über !"), alors qu'au bout d'à peine deux ans d'existence, cette compagnie met toutes ses billes dans un taxi sans chauffeur, qui renverra au chômage ceux qui l'ont aidé à s'imposer sur le marché en se faisant chauffeurs sans protection sociale etc). 

Incroyable soirée ! C'est notre ordinaire quotidien depuis 30 ans dans les média : poudre aux yeux, affirmations fantaisistes, contre-vérités flagrantes de la part des partisans d'une économie de marché sans aucun frein ("Les services ! l'avenir de l'emploi!' dit-on ailleurs dans l'émission. A la remarque qu'internet conduit à fermer des milliers d'agences et licencier des milliers d'employés de banque, alors là, ils restent cois. Silence parlant)