ACTUALITÉLa NuitPolice, 1934

"Les policiers sont dans la rue !" - Dissolution des bandes armées fascistes !

ACTUALITÉLa NuitPolice, 1934
"Les policiers sont dans la rue !" - Dissolution des bandes armées fascistes !

1934 ? Nous voyons dans ces images extraordinaires d'une police hors de contrôle et se dirigeant vers l'Élysée les prémisses d'un état fasciste à venir. Le secrétaire national du PS semble tomber des nues en réalisant que les mêmes forces de l'ordre qu'il envoie contre les manifestants (les célèbres "baqueux" au premier rang, universellement détestés, membres d'une Brigade Anti-Criminalité qu'il aurait fallu dissoudre et refondre) sont noyautées par l'extrême-droite.

Les milices armées (pour une fois, l'expression est parfaitement véridique) qu'on a vues descendre cette nuit dans Paris réclament une extension du domaine de la légitime défense qui ressemble au droit de terroriser, tellement elle est large dans sa définition, la subordination totale de la magistrature (évidemment "laxiste") à la police, dont les juges privés de pouvoir n'auraient plus qu'à distribuer les peines que les policiers leur dicteraient, l'interdiction et la punition immédiate (cela va sans dire, ils sont partisans d'une "justice expéditive") de toute critique de leurs actes (détention préventive avant jugement, y compris pour simple "insulte aux forces de l'ordre", ça va faire du monde en prison). 

L'utilisation de véhicules de service lors de leurs manifestations indique à elle seule la direction dans laquelle ils veulent entraîner le pays. Celle d'une illégalité et impunité d'état qui ferait ressembler la France beaucoup plus au Chili de Pinochet qu'à la patrie des droits de l'homme. Cette police qu'on nous intime d'aimer plutôt que de détester est pourtant loin d'être l'exemple pour la France qu'elle se prétend être : un ministre de l'Intérieur se servait carrément dans la caisse noire, les chefs de la police et du renseignement sont aujourd'hui impliqués dans des trafics d'influence, des policiers de l'anti-gang accusés de viol en réunion par une touriste dans leurs propres locaux au Quai des Orfèvres, 52 kilos de cocaïne disparus par magie du même Quai des Orfèvres et jamais retrouvés depuis, révocations d'équipes entières de la BAC pour corruption à Marseille, Bobigny, décès plus que mystérieux d'Adama Traoré aux mains de la police, etc. Il est inimaginable de laisser régner sans contrôle sur la France ces gens-là. 

L'Autre Quotidien